BD : Lectures croisées « Les Pieds dans le Béton » de Wouters et Ross et « Mauvais Garçons » de Dabitch et Flao

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Je viens de finir « Les Pieds dans le Béton » de Nicolas Wouters et Mikaël Ross, paru cette semaine chez Sarbacane. Cette lecture me renvoie en miroir à un autre titre, sorti il y a quelques années et que j’avais adoré : « Mauvais Garçons » de Christophe Dabitch et Benjamin Flao édité par Futuropolis. Quatre portraits croisés.

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« Les Pieds dans le Béton » raconte les destins de deux personnages extrêmement différents, Thomas et Martin, nés à Bruxelles à la fin des années 70. Thomas est un enfant plutôt calme et réservé alors que Martin est déjà une tête brûlée, délaissé par des parents focalisés sur son frère autiste. Mais ces deux-là sont amis, ça ne s’explique pas. Trente ans plus tard, on retrouve Thomas. Son couple est en train de se déliter. Il flotte complètement dans sa vie et décide de prendre le premier train pour fuir n’importe où. A la gare, prêt à monter dans le wagon, il tombe sur son ami d’enfance. Martin est allé jusqu’au bout de ses convictions de punk. Il vit dans la rue, l’anarchie chevillée au corps, les nerfs à vif. Thomas rate délibérément son train. Les souvenirs d’ado en bande son, il a un voyage à faire sur le bitume à côté de son ami l’écorché vif.

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Ecorché vif, c’est aussi comme ça qu’on peut qualifier Benito. Le décor de « Mauvais Garçons » se plante en Andalousie. Benito est un gitan qui ne respire que par et pour le Flamenco, les femmes et les petits business. Il est accompagné par Manuel, un français qui a chopé le virus musical de Benito. Plus renfermé que son ami, Manuel n’a de cesse de contre-balancer les réactions explosives de cet énergumène. Benito porte le feu en lui, Manuel, une douceur toute sauvage. Et les deux compères forment un duo complémentaire, plein de poésie, de soleil et de poussière. Leur histoire est rythmée par les danses et les chants espagnols, par les coups du sort et les coups de chance. Les talons claquent sur le sol, le taureau danse avec le toréador. La vie tourbillonne au son du Flamenco.

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Ces deux récits nous offrent les portraits de jumeaux improbables. Dans le bleu gris du nord de l’Europe et dans la chaleur de l’Espagne. Dans la fulgurance de la musique Punk et dans la fierté d’une danse sanguine. « Les Pieds dans le Béton » et « Mauvais Garçons » nous envoient dans des univers opposés à la rencontre d’hommes liés par une force inexplicable. Le désir (inaccessible ?) de liberté est lié à la musique dans les deux cas. A la lecture de ces deux beaux ouvrages nous parvient une vibration. Ils rappellent qu’on s’envolerait bien aussi, ailleurs, histoire d’échapper aux codes et aux pollutions qui nous sont imposés. Eh bien, vous savez quoi ? Le voyage est possible. Il suffit d’ouvrir un livre.

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