Indé : Diagnostics de Lucas Varela et Diego Agrimbau

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Ca fait maintenant quelques années que je suis avec attention les travaux de Lucas Varela. Il est argentin, publie beaucoup d’illustrations dans la presse internationale, notamment dans le Financial Times. Il vient de sortir son troisième album chez Tanibis, « Diagnostics », accompagné par Diego Agrimbau au scénario. J’avais déjà flashé sur son Paolo Pinocchio (trouvez la chronique ici) et sa capacité à créer des univers riches, originaux et décalés. Je viens de reprendre une claque avec cette nouveauté. Description.

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« Diagnostics » est une succession d’histoires courtes. Chacune d’entre elles a pour point d’entrée un trouble, mental, psychologique ou neurologique. Non mais attendez, revenez ! Vous allez voir un peu comment vous éclater les neurones avec des thématiques tordues ! Ces problèmes médicaux offrent aux auteurs la possibilité de créer des histoires de genre. Au total, 6 récits courts qui jouent sur la forme et sur le fond avec une maestria incroyable. L’agnosie, la claustrophobie, la synesthésie, l’aphasie, l’akinétopsie et la prosopagnosie sont ici des terrains de jeu graphiques et scénaristiques.

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Imaginez une claustrophobe qui n’aurait qu’une envie : sortir des cases de BD qui l’enferment. Puis, un personnage synesthésique qui n’entend pas les sons, mais les voit. Ne serait-ce pas le théâtre idéal pour un polar où les dialogues passés sauteraient aux yeux de l’enquêteur sur la scène de crime. Ou une jeune femme, atteinte en réalité de prosopagnosie et ne pouvant donc plus reconnaître les visages, qui se penserait plongée en pleine science fiction, victime d’une invasion d’extraterrestres aux visages hideux. Vous tenez l’idée. On retourne et détourne les symptômes pour inventer des situations littéraires. Et ça fonctionne fabuleusement bien !

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Varela a ce trait clair qui rappelle certains auteurs indés américains, comme Daniel Clowes ou Chris Ware. C’est millimétré, ultra-efficace et d’un foisonnement de détails hallucinant. Cette précision lui permet d’être à l’aise dans toutes les thématiques, de les tenir à distance et de donner un caractère inquiétant et détaché à ses fantaisies. Un univers à découvrir, donc, de toute urgence ! On ne croise pas tous les jours ce genre d’ODNI.

D pour dessiné, bien sur. Mais je préfère préciser. On sait jamais.

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2 commentaires pour Indé : Diagnostics de Lucas Varela et Diego Agrimbau

  1. Tiens, je ne connaissais pas cet auteur ! ça a l’air excellent. Je vais me procurer ça dans les plus bref délais !

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