Cinéma : Only Lovers left alive de Jim Jarmusch

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Oui. Oui ! Je délaisse le blog ces derniers temps. Vous savez ce que c’est, parfois, on perd le feu sacré ou il s’étouffe sans réellement s’éteindre. Non pas que je n’ai rien lu de bien. J’ai notamment lu l’ultime volume de Blast de Larcenet et j’ai reçu une fessée en bonne et due forme. Seulement, j’avais déjà écrit sur cette série (lien) et je me voyais mal me torturer pour trouver de nouveaux superlatifs et dire strictement la même chose en définitive. Mais je suis de retour pour vous parler d’un film (oui, j’en viens au fait, ça y est), pour changer. « Only Lovers left alive » de Jim Jarmusch m’a offert tous les ingrédients d’un coup de coeur énorme.

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De nos jours. A Tanger et à Détroit. Deux personnages charismatiques et énigmatiques organisent leur vie. L’homme, Adam, brun ténébreux, vêtu de noir, vit à Détroit dans une des nombreuses maisons abandonnées. Il crée sa musique, seul, reclus et sévèrement gothico-déprimé sur les bords. Son rock sombre est très apprécié des mélomanes éclairés et l’anonymat qu’Adam impose au reste du monde excite ses fans à son grand dam. Il se passerait de cette notoriété auprès des zombies, comme il les appelle. La seule chose qui le pousse à se frotter au monde extérieur, c’est son besoin de sang frais et non contaminé qu’il va dégoter à l’hôpital où un gentil docteur se fait grassement payer pour le service.

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A Tanger, ville en tous points opposée à Détroit la fantomatique, la femme, Eve, solaire, vêtue de blanc, planifie elle aussi son quotidien de nuit. Sa condition comme celle d’Adam lui impose de ne sortir que lorsque le soleil s’est couché. Et si elle aime parler avec son vieil ami Marlowe, plaisanter et jouir de son existence, elle est soumise à ce besoin sanguinaire. Adam et Eve sont mari et femme depuis plusieurs centaines d’années. Amants, époux, âmes soeurs, ce couple originel va se retrouver à nouveau après une longue séparation.

Avec une élégance, un respect du mythe vampirique et un dandysme rock absolument irrésistible, Jim Jarmusch nous gratifie de tout ce qui manquait aux pauvres représentations des vampires à l’écran ces dernières années. J’avoue avoir eu des réserves avant d’entrer en salle : je n’attendais pas ce réalisateur sur ce terrain. Maintenant je peux dire que je suis éblouie par le résultat. Les éléments surnaturels sont là, mais en filigrane. Ils se font connaître avec intelligence, sans tapage, sans vulgarité ou ridicule. La beauté de certains plans est portée par un couple d’acteurs magnifiques : la magnétique Tilda Swinton et le glacial Tom Hiddleston, auxquels s’ajoutent John Hurt et Mia Wasikowska en truculents seconds rôles.

« Only Lovers left alive » est un joli jeu de miroirs, un face à face complémentaire, un yin et yang poétique à l’esthétique ensorcelante. Enfin des vampires du XXIème siècle crédibles, avec le raffinement esthétique, musical et artistique qu’on est en droit d’attendre d’immortels dignes de ce nom.

C’est feutré, classieux, hypnotique. On frise vraiment la perfection.

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