BD : Vois comme ton Ombre s’allonge de Gipi

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Hey ! Tout le petit monde de la BD retient son souffle à l’approche d’Angoulême… Eh bien ici, on va continuer à rêver et à respirer normalement. Pas de quoi s’affoler. On repart pour un tour, tranquille, même si les sorties sont encore rares. Rares, mais il y a déjà de la pépite à dénicher. Pour cette première chronique de l’année, je vais avancer à tâton. Je viens de finir la lecture de « Vois comme ton Ombre s’allonge », de Gipi aux éditions Futuropolis. Je ne suis pas tout à fait sortie de son univers équilibriste.

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Silvano Landi, un écrivain, frise la cinquantaine. Il vient d’intégrer un hôpital psychiatrique, interné par sa fille. Tout ne tourne pas rond. Il y a des obsessions qui reviennent sans cesse. Le temps, vieillir, se regarder dans le miroir à 18 ans et à 50 ans. Ce qu’on a été, ce qu’on est devenu, ce qu’on pensait devenir. Il y a les apparitions de cet arbre mort, symbole de la vie qui se barre sans crier gare. Et il y a un champ de bataille durant la première guerre mondiale. Mais dans quel plan existe l’esprit de Landi ?

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Lui, l’écrivain, se reconnait-il plus dans la fiction ou dans le réel ? Est-ce que de vivre dans la réalité ne l’aurait-il pas usé ? Est-ce que ça l’aurait poussé à prendre la tangente ? La folie et l’imaginaire sont des refuges à proximité et à volonté quand on écrit. Landi a connu une fracture dans sa vie. Voilà quelques années, il a trouvé au grenier les lettres de son bisaïeul. Lettres poignantes d’un homme sur le front. Il écrivait à sa famille sans ignorer la mort si proche de lui, sans détourner le regard. A partir de là, l’enthousiasme de Landi s’est envolé vers d’autres temps, d’autres lieux, oubliant petit à petit sa femme et sa fille. Son esprit a commencé à dériver. Sans avoir pris de billet retour.

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« Vois comme ton Ombre s’allonge » est un récit suspendu à l’absence de lucidité de son protagoniste principal. Sa folie douce et poétique imprime la narration. Le présent se découpe en noir et blanc, clinique, minimaliste. Dès que le passé pointe son nez, l’aquarelle envahit les pages. Les couleurs vibrent. Gipi nous fait le plaisir d’un moment très particulier, sur le fil. On entre dans une ambiance nébuleuse dont on décortique les différents plans au fur et à mesure. Le dessin est somptueux, l’univers happe le lecteur. J’ai pensé à Blast de Larcenet mais aussi à The Fountain de Kent Williams et Darren Aronofsky.

A vos albums les amis !

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