BD : Temudjin par Carrion et Ozanam

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Les récits épiques : pas vraiment ma tasse de thé, comme en témoignent les BD chroniquées ici. Mais il peut y avoir des exceptions. Notamment quand l’univers traité n’est pas bourré de Trolls et autres créatures loufoques, que les femmes n’y sont pas des objets dénudés et écervelés pour appâter le client et que le héros n’a pas un humour d’adolescent pré-pubère. Publié par Daniel Maghen, « Temudjin » de Carrion et Ozanam figure parmi ces exceptions.

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Les steppes mongoles sont balayées par les vents. Les massifs escarpés sont habités de dieux et d’esprits. Ozbeg est chamane. Il soigne les corps et les âmes, il utilise sa science millénaire pour apaiser. Lors d’une transe, une vision lui intime l’ordre d’aller à la rencontre d’un nouveau né. L’enfant a un important destin à accomplir. Après plusieurs jours de voyage, il arrive au clan dont il a rêvé. L’accueil est glacial. On lui dit que la femme a été possédée par un démon, que l’enfant portera le mauvais oeil sur tous.

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Ozbeg entre dans la yourte où la jeune femme est en plein travail, en vain. Elle lui raconte comment son bébé a été engendré, dans la forêt, malgré elle. Un Dieu aux atours de bel homme l’a prise avant de se changer en loup. Puis, n’ayant d’autre choix pour sauver le petit, elle attrape une dague et s’ouvre le ventre pour le laisser s’échapper de ses entrailles. Le chamane emporte l’enfant pour l’élever comme son fils et préparer au mieux l’avenir héroïque qui l’attend. Temudjin, qui développe une impressionnante capacité à manipuler les esprits, a la délicate mission d’unifier le peuple mongol et de marcher dans les traces de Gengis Khan.

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Epique, le récit l’est effectivement, mais tout en sobriété. Les effets ne sont pas exagérés mais feutrés, les personnages ne sont pas des caricatures et l’élégance du graphisme y est sans doute pour beaucoup. Sensiblement influencé par Moëbius, Carrion nous invite à découvrir un univers visuel aux antipodes d’un album des Editions Soleil. Ouf ! Les couleurs sont douces, la façon de dessiner les esprits est gracieuse, le trait se fait parfois sensuel. On se laisse embarquer jusqu’au bout. A noter, l’histoire s’achève dans les pages du cahier graphique. Une idée originale. On termine comme si on avait lu ce conte dans un manuscrit ancien. Une très agréable surprise !

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BD : Cauchemar dans la Rue de David Sala

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Chers vous,

veuillez excuser mon silence, mais il se trouve que je n’écris pas pour écrire mais pour conseiller. Ces derniers temps ont été pauvres en ouvrages qui ont su éveiller mon intérêt. Je ne sais et ne veux pas me forcer. Mais aujourd’hui, un dessin et une histoire sont venus taper à mon cerveau et je suis remontée à la surface. Il s’agit d’un polar, bien noir, sans sucre ni larme de lait. Amer. D’une beauté plastique rare. « Cauchemar dans la Rue » adapté de Robin Cook par David Sala. Editions Casterman/Rivages Noir.

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Kléber est flic, la quarantaine bien tassée. Enfin, il était flic. Son caractère impulsif et ses mains enfoncées dans des affaires louches l’ont fait foutre dehors. Son esprit est trouble, comme le sont ses fréquentations. Il n’y a rien de lumineux en lui ni autour de lui. Sauf Elenya. Si le passé de sa femme n’est pas dénué d’obscurité, sa présence auprès de lui transforme l’Enfer de la réalité en douceur infinie. Il faut bien qu’à la violence virile de la rue s’oppose la délicatesse féminine d’une main aimante. Sinon l’équilibre se fait la malle. L’univers bascule et la Mort prend le dessus pour de bon.

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C’est la veille de l’anniversaire de Kléber. Et c’est au détour de ce jour que les choses vont déraper sévère. Son ami Marc, qui se retrouve englué dans une sale histoire, demande la protection de son pote. L’ancien flic va devoir laisser sa morale de côté et repasser quelques costards, une fois de plus. La fois de trop.

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Dès l’ouverture de l’album, j’ai pris un coup de tête graphique. Oui, c’est possible. Des perspectives saoules, des physionomies à la Schiele, des détails comme brodés, en filigrane, dans cet univers glauque. C’est comme si David Sala avait rehaussé au fil d’or un tissu passé dans le goudron et la poussière. Le rendu est précieux et brut à la fois, les aquarelles vénéneuses et le récit terrible. « Cauchemar dans la Rue » vous enserre dans ses bras pour une danse sombre où la poésie arrive par spasme. Laissez-vous mener sans résister.

Pour explorer un peu plus le travail somptueux de David Sala : davidsala.com/

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BD : L’Entrevue de Manuele Fior

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Bien souvent quand on faisait de la science fiction, il y a plusieurs dizaines d’années de ça, on imaginait toutes les extravagances pour les années 2000. Mais force est de constater que l’on n’habite toujours pas sur Mars ou sous les océans dans des villes-bulles. La science fiction aujourd’hui, même si elle reste très créative, voit fleurir une dimension plus « douce » ou plus concrète qu’un délire exubérant. Manuele Fior explore le genre dans ce sens là dans « L’Entrevue » publié chez Futuropolis.

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Raniero est un psychiatre. Sa femme est sur le point de prendre un appartement dans le centre, lui laissant la maison. Un soir qu’il rentre tard en voiture, des formes géométriques brillant dans le ciel attirent son attention et lui font louper le virage. Balayé dans le décor dans un état second, le quinquagénaire continue d’observer les phénomènes étranges au milieu d’un champ.

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On est en 2048. La société continue d’évoluer, mais c’est toujours l’ancienne école contre la nouvelle garde. L’Italie voit fleurir une communauté de libération des moeurs appelée « La Nouvelle Convention », au grand désespoir des conservateurs habituels. Une jeune fille appartenant à cette communauté vient d’être amenée à l’hôpital par ses parents. Non seulement pour cette nouvelle philosophie mais parce qu’elle aurait des hallucinations. Face à Raniero et lui racontant ses visions de manifestations extra-terrestres, Dora se targue de pouvoir lire dans les pensées du médecin. Visiblement ému par la jeune femme, la vie bancale de Raniero se met à balancer un peu plus fort. S’il semble qu’ils soient les deux seules personnes à avoir vécu cette expérience, l’humanité est à quelques heures d’apprendre qu’elle n’est pas seule dans l’univers. Et Raniero de voir SON univers chamboulé sens dessus-dessous.

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Le futur au bout du doigt. Celui-là, on peut presque le toucher. Il nous parle déjà. Les problématiques sociétales ont glissé, comme une géométrie homothétique des idées. Ca avance sans trop changer. « L’Entrevue », c’est un segment de vie touchant, au graphisme somptueux. Du noir, du blanc, des niveaux de gris, de la matière. Une finesse et une poésie qui emportent le récit vers quelque chose d’universel et hors du temps. Il y a des sentiments qui seront toujours les mêmes, que les contextes historiques n’entacheront pas. Courrez découvrir cette merveille !

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BD : Blackface Banjo de Frantz Duchazeau

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Comme à son habitude, Frantz Duchazeau nous offre un voyage dans le temps et l’histoire, à la découverte de l’univers Blues et de ceux qui en sont l’âme. Du contraste, du noir, du blanc, tantôt en opposition, tantôt en fusion, « Blackface Banjo » vient de sortir aux Editions Sarbacane, après ses titres « Les Jumeaux de Conoco Station », « Le Rêve de Meteor Slim » et « Lomax ».

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Des années 1820 à la fin des années 1950 aux Etats-Unis, les blancs appréciaient les Minstrel Shows, comprenez des sketchs humoristiques mettant en scène des comédiens blancs grossièrement peinturlurés en afro-américains. De ces spectacles racistes, outrancièrement caricaturaux, part l’histoire de Blackface Banjo, un jeune vagabond noir à la jambe de bois. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il a erré dans les rues poussiéreuses quémandant quelques pièces. Mais son destin bascule lorsqu’après avoir virevolté et dansé sur son bout de bois pour se dégourdir la jambe, il est repéré par un charlatan itinérant.

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Le bonhomme, qui vend depuis sa carriole un élixir aux propriétés imaginaires, décide de propulser Blackface sur scène pour qu’il danse devant les foules malgré son infirmité, prouvant les vertus du breuvage. Après une représentation, un banjo abandonné croise la route de notre héros bancal. Cette rencontre révèle un réel don ignoré de Blackface. Il arrive à jouer de cet instrument comme personne, ce qui inspire instantanément l’imagination du charlatan. Il y a là un peu plus d’argent à se faire. Pendant ce temps, la rébellion contre les Minstrel Shows s’organise. Un groupuscule secret appelé « Coon Coon Clan » met le feu aux théâtres où ces odieuses farces pour blancs se produisent. Blackface, sa jambe de bois et son talent se retrouvent ballottés de droite à gauche, là où le vent et les gens les emportent, au gré des amitiés, des amours et des cupidités de ses acolytes.

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« Blackface Banjo » est une histoire purement "Duchazienne". On y retrouve les éléments qu’on a aimés dans ses précédentes productions : un trait enlevé, vivant, des audaces narratives, un récit sensible dans lequel on s’évade, une certaine philosophie bercée de Blues. Cette musique coule dans les veines de l’auteur et se répand jusque dans son encre. L’atmosphère qui en ressort fait l’empreinte de Duchazeau. Et c’est toujours avec grand plaisir qu’on y retourne pour une nouvelle aventure.

Frantz Duchazeau

Frantz Duchazeau

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Comics : Locke & Key de Joe Hill et Gabriel Rodriguez

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En d’autres lieux et en d’autres temps, j’ai déjà écrit sur la mirifique série Locke & Key, scénarisée par le fils de Stephen King, Joe Hill et dessinée par Gabriel Rodriguez. Mais après plus d’un an d’attente, le tome 4 vient de sortir. Pour l’occasion, l’éditeur Milady Graphics a tout réédité en cartonné. C’est beau et ça mérite d’en reparler !

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La famille Locke a de nombreux problèmes. Rendell Locke, le père, vient de se faire froidement assassiner par Sam Lesser, un ancien élève du lycée où il travaillait. Le motif : le psychopathe en question exige de Rendell qu’il lui donne des « clefs ». Rendell préfère mourir plutôt que d’obtempérer. Comme s’il pressentait qu’un malheur pareil se profilerait un jour, il avait mis en garde sa famille : en cas de souci, allez vous réfugier dans la maison de famille, « KeyHouse », qui se trouve dans la ville de Lovecraft, Massachusetts. Ce grand manoir accueille à présent Nina, la mère brisée, Tyler, le grand frère protecteur et largué, Kinsey, l’ado excentrique débordée par ses émotions et Bode, le petit dernier dont la fraîcheur ne semble pas trop avoir souffert des évènements. Très vite, la curiosité du petit garçon et son caractère intrépide vont l’embarquer dans des aventures incroyables tandis que tout le monde se morfond.

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Il va d’abord trouver une clef très particulière. En la tournant dans la bonne serrure et en passant le pas de porte, le corps de Bode meurt et son âme s’envole pour aller épier tout le monde dans la maison. Quand il en a marre de jouer au fantôme, il repasse la porte et retrouve son enveloppe de chair. Il a aussi pris l’habitude d’aller parler à une dame cachée au fond du vieux puits. Elle lui a dit qu’elle était son écho. Mais plus ça va, moins Bode a confiance. Il commence même à avoir peur. La famille Locke cherche ses marques dans ce nouvel environnement, sans réellement les trouver. Surtout après que la police leur ait appris que Sam Lesser s’est échappé de sa prison. KeyHouse abrite bien des secrets et des pouvoirs que les enfants Locke vont découvrir à leurs risques et périls.

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Plus on avance dans le récit, plus l’étonnement grandit. Il y a une clef pour toutes les capacités imaginables. Le scénario de Locke & Key est une merveille, un labyrinthe dont on ne veut pas sortir ! Joe Hill n’est pas le fils de son père pour rien ! Le dessin a un fort caractère et colle à merveille avec l’histoire. Quand on décortique les compositions de pages, les trouvailles et la créativité de Rodriguez sont enthousiasmantes ! Locke & Key est de loin une des meilleures séries fantastiques qu’il m’ait été donné de lire. Un régal absolu en perspective pour les fans du genre. Et pour ceux qui douteraient, essayez, lancez-vous. J’insiste !

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Indé : Loin des Yeux… de Luke Pearson

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Des auteurs qui arrivent à transformer la vie quotidienne et ses épreuves en poésie pure, ça ne court pas les rues. Luke Pearson fait partie de ce petit club très fermé. Les éditions Nobrow viennent de publier « Loin des Yeux… ». Où les vivants sont remplis par leurs propres ombres et où les mystères de la vie rodent absolument partout.

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La fin d’une relation amoureuse. Oui, je sais, ça ne donne pas forcément envie au premier abord. Mais ça parle malgré tout à tout le monde. C’est un sujet universel. Les périodes de doutes, les mots que l’on dit ou que l’on ne dit pas, tandis que le monde poursuit sa route. Pendant que vous vous retournez dans votre lit, l’esprit plein de mille questions, un avion atterrit quelque part, quelqu’un se fait zigouiller au nom d’une cause ou sans raison, un enfant fait des ricochets de l’autre côté de la planète.

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Et il y a aussi toutes ces autres choses imaginaires. Des arbres qui dansent quand on ne les regarde pas, des yeux invisibles qui nous guettent, curieux de notre prochain faux-pas ou de nos prochains sourires. Un homme et une femme s’éloignent doucement. Ca arrive tous les jours. Des milliers de fois par jour. Des milliers de fois par jour, toutes les situations se produisent et se reproduisent à travers des regards différents. Comme autant de vies parallèles, les histoires se superposent sans se toucher. La façon dont Luke Pearson traite de ces épisodes pénibles suspend le temps. L’histoire glisse sans douleur, comme rêvée, connue mais à distance. Si près de nos yeux, il transforme le réel à l’aide d’un filtre de délicatesse.

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Le trait de cet auteur a été souligné lors du dernier festival d’Angoulême. Son album « Hilda et la Parade des Oiseaux » faisait partie de la sélection jeunesse. Si ses aplats et son dessin précis rappellent Daniel Clowes, son univers est plus feutré. C’est peut-être la pudeur et l’humanité entourant ses récits qui le caractérisent. Si vous ne connaissez pas Luke Pearson et son travail, il va falloir remédier à ça. Ca vaut le détour.

http://lukepearson.com/

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Comics : The Goon de Eric Powell

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Comme je viens de rire à gorge déployée en lisant le tome 10 de The Goon, il m’est apparu comme une évidence d’offrir un chronique à cette série culte créée par Eric Powell et éditée par Delcourt. Culte, oui, mais pas encore assez connue. Tout le monde a le DROIT d’avoir entre les mains ce petit bijou. PARCE QU’IL EN VA DE VOTRE SALUT MES AMIS ! Faites place : le Goon et son pote Franky débarquent dans la place ! Va y avoir de la salade de phalanges au menu les enfants !

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Les truculentes aventures du Goon et de Franky se déroulent en bordure de notre univers, dans une petite ville où âmes damnées, goules et autres zombies ont trouvé refuge. Le Goon est un gaillard balèze à la gueule balafrée. Il est pas mauvais, dans le fond, mais il faut pas le chercher, grignoter sur son business ou piétiner ses plates bandes. Le Goon est toujours accompagné de Franky, une petite frappe teigneuse. Franky est aussi rachitique et bavard que le Goon est costaud et silencieux.

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La fine équipe roule sa bosse à grand coup de gueule, de bourre-pifs et de jurons exotiques. Les dialogues , l’ambiance et certaines pin-up rappellent de vieux films américains en noir et blanc. La gouaille des personnages, le caractère démesuré des gags, les situations inédites auxquelles sont confrontés les héros font de cette série un incontournable ! Chaque album est un recueil de saynètes cocasses. On tourne les pages avec délectation, admirant l’art d’Eric Powell et redemandant de nouvelles expressions créatives ! Album après album, le passé du Goon refait surface. La mythologie du personnage s’élabore comme un puzzle, une pièce après l’autre. Mais chut ! Je vous laisse découvrir ce monde étrange, stupéfiant et assurément à part !

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Avec cette série, Eric Powell a été récompensé par plusieurs Eisner Awards. The Goon a définitivement quelque chose en plus. Il est pratiquement impossible d’émettre une réelle comparaison avec d’autres titres. C’est pêchu, immensément drôle, décalé, loufoque, complètement barré ! Le Pulp horrifique se mélange au burlesque en une savante cuisine assaisonnée d’un humour irrésistible. Et le dessin est de haute volée en totale adéquation avec son sujet : ça a de la gueule ! Un film d’animation est dans les tuyaux, avec David Fincher à la production. Vivement !

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