Revue BD : Aaarg ! Bande dessinée & Culture à la Masse

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Bon, il faut quand même que je vous parle d’un truc qu’il est vachement bien. Vous aimez la BD, vous êtes amateur d’univers bien trempés, rentre-dedans et avec du poil et des dents (oui, je sais pas, j’avais envie de dire ça) ? Eh bien il vous faut choper la revue Aaarg ! de toute urgence, dont le sous-titre est « Bande dessinée & Culture à la Masse ». Dans ta gueule la masse. BIM !

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Le numéro 3 vient de sortir et si vous tombez sur les tomes 1 et 2, n’hésitez pas à les acheter parce que mon petit doigt me dit que le premier serait déjà en rupture ! Ne laissez pas passer votre chance. Pour détailler un peu, Aaarg ! c’est un épais recueil bimestriel bourré d’histoires courtes, complètes ou à suivre de numéro en numéro, de reportages sur des sujets que vous ne croiserez pas tous les jours, de zooms sur des artistes, un esprit Rock mais pas FM. Je dirai presque Punk mais le rédacteur en chef de la revue va me tailler en pointe si je dis ça. Trop tard je l’ai dit. Si vous me revoyez pas d’ici un moment, envoyez-leur des courriers. Mais pas les flics, je les aime vraiment bien.

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On y trouve une belle brochette d’auteurs, que je ne peux pas tous nommer tant ils sont nombreux à suer sang et bière pour l’amour de l’Art. Je vais quand même en donner quelques uns : Rica, Dav Guedin, Laetitia Coryn, Fabcaro, Sourdrille, Nicolas Poupon, Bouzard, B-Gnet, Mo/CDM, Bernstein, Julien Loïs, Tanxxx ou Terreur Graphique. Entre autres très gros talents.

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Aaarg ! a déjà sa propre tonalité au bout de peu de parutions. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ont frappé fort les zigues. Ca fait rire, ça secoue, ça remet les idées en place. Et puis, il faut dire ce qui est, la maquette est vraiment très belle. Les couvertures sont magnifiques, il y a un chouette poster à l’intérieur… Franchement, rendez-vous service et foncez découvrir cette merveille caustique. Un peu de bonheur, une fois tous les deux mois, faut pas passer à côté. Ca serait trop bête.

Allez les visiter : http://www.aaarg.fr/

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Cinéma : Only Lovers left alive de Jim Jarmusch

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Oui. Oui ! Je délaisse le blog ces derniers temps. Vous savez ce que c’est, parfois, on perd le feu sacré ou il s’étouffe sans réellement s’éteindre. Non pas que je n’ai rien lu de bien. J’ai notamment lu l’ultime volume de Blast de Larcenet et j’ai reçu une fessée en bonne et due forme. Seulement, j’avais déjà écrit sur cette série (lien) et je me voyais mal me torturer pour trouver de nouveaux superlatifs et dire strictement la même chose en définitive. Mais je suis de retour pour vous parler d’un film (oui, j’en viens au fait, ça y est), pour changer. « Only Lovers left alive » de Jim Jarmusch m’a offert tous les ingrédients d’un coup de coeur énorme.

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De nos jours. A Tanger et à Détroit. Deux personnages charismatiques et énigmatiques organisent leur vie. L’homme, Adam, brun ténébreux, vêtu de noir, vit à Détroit dans une des nombreuses maisons abandonnées. Il crée sa musique, seul, reclus et sévèrement gothico-déprimé sur les bords. Son rock sombre est très apprécié des mélomanes éclairés et l’anonymat qu’Adam impose au reste du monde excite ses fans à son grand dam. Il se passerait de cette notoriété auprès des zombies, comme il les appelle. La seule chose qui le pousse à se frotter au monde extérieur, c’est son besoin de sang frais et non contaminé qu’il va dégoter à l’hôpital où un gentil docteur se fait grassement payer pour le service.

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A Tanger, ville en tous points opposée à Détroit la fantomatique, la femme, Eve, solaire, vêtue de blanc, planifie elle aussi son quotidien de nuit. Sa condition comme celle d’Adam lui impose de ne sortir que lorsque le soleil s’est couché. Et si elle aime parler avec son vieil ami Marlowe, plaisanter et jouir de son existence, elle est soumise à ce besoin sanguinaire. Adam et Eve sont mari et femme depuis plusieurs centaines d’années. Amants, époux, âmes soeurs, ce couple originel va se retrouver à nouveau après une longue séparation.

Avec une élégance, un respect du mythe vampirique et un dandysme rock absolument irrésistible, Jim Jarmusch nous gratifie de tout ce qui manquait aux pauvres représentations des vampires à l’écran ces dernières années. J’avoue avoir eu des réserves avant d’entrer en salle : je n’attendais pas ce réalisateur sur ce terrain. Maintenant je peux dire que je suis éblouie par le résultat. Les éléments surnaturels sont là, mais en filigrane. Ils se font connaître avec intelligence, sans tapage, sans vulgarité ou ridicule. La beauté de certains plans est portée par un couple d’acteurs magnifiques : la magnétique Tilda Swinton et le glacial Tom Hiddleston, auxquels s’ajoutent John Hurt et Mia Wasikowska en truculents seconds rôles.

« Only Lovers left alive » est un joli jeu de miroirs, un face à face complémentaire, un yin et yang poétique à l’esthétique ensorcelante. Enfin des vampires du XXIème siècle crédibles, avec le raffinement esthétique, musical et artistique qu’on est en droit d’attendre d’immortels dignes de ce nom.

C’est feutré, classieux, hypnotique. On frise vraiment la perfection.

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[à lire sur Génération Strange] Locke & Key : this is the end

Eh bien oui, Locke & Key, c’est fini. Le tome 6 est sorti en VO ! Pour les French readers, il va falloir attendre le 18 avril. Mais qu’est-ce qu’elle est bien cette fin… Oulala !

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L’ultime chronique : c’est ici !

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BD : Le Serpent d’Eau de Tony Sandoval

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J’aime quand la lecture m’envoie me promener ailleurs. Et surtout dans des univers qu’on n’approche qu’en rêve. Je veux dire, la réalité, oui, très bien. C’est notre prison quotidienne, notre lot à tous. Mais c’est terriblement ennuyeux, prévisible voire décevant. Le rêve, par contre, quelle dimension plus intéressante et intense. Tout y est possible, les limites sont explosées. Il n’y a plus de restrictions, ni de morale. Et je viens de faire une très belle balade en compagnie de Tony Sandoval. Je suis son travail depuis longtemps. Son nouvel album « Le Serpent d’Eau » vient de sortir chez Paquet. Plongez avec nous.

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Mila est une adolescente solitaire, brune comme la nuit. Elle aime partir en vélo loin de chez elle pour aller se baigner dans des endroits connus d’elle seule. Mais aujourd’hui, elle est surprise en pleine baignade par une jeune fille de son âge. Blonde, espiègle et mystérieuse, elle semble s’opposer en tous points à l’effacée Mila. Notre timide héroïne a un sentiment d’attirance irrépressible vers cette jolie et dangereuse poupée et, encore plus étrange, elle est fascinée par ses dents. Qu’est-ce qui arrive à Mila ?

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Aux côtés de sa nouvelle amie, elle se prend à chaparder, à trouver un courage qu’elle ne se connaissait pas et à voir des choses incroyables… La fin de l’été s’annonce et un soir, invitée chez l’ensorceleuse, Mila ne peut s’empêcher de l’embrasser doucement et d’effleurer ses dents avec sa langue. Soudain prise de convulsions, l’étonnante hôte se tord de douleur avant de vomir un énorme poulpe noir. Prise de panique, Mila la peureuse court, s’enfuit, laissant derrière elle tous ces sentiments qu’elle ne comprend pas et qui l’effraient. Elle ne se doute pas que la magie, une fois qu’elle vous touche, ne vous lâche plus. Quelque chose de plus fort et de plus grand qu’elle s’est réveillé. Et il va falloir l’affronter.

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« Le Serpent d’Eau » est un conte pour grands, catégorie de lecture que j’aime particulièrement. L’innocence est là, malmenée, mais la poésie, la cruauté et la sensualité également. La beauté des aquarelles de Tony Sandoval est irréelle. Il nous offre ici ce qu’il a fait de mieux jusqu’à présent. On regarde évoluer les personnages dans un monde parallèle, à mi-chemin entre conscient et inconscient. On se laisse happer dans cet ailleurs qu’on reconnaît sans le connaître. Peut-être qu’on a oublié en grandissant qu’il y a de la magie autour de nous ? Soyez attentif. Vous ne sentez pas les tentacules du poulpe bouger doucement dans votre ventre ? Non ? Vous êtes bien sur ?! Concentrez-vous.

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Beau Livre : Le Cabinet de Curiosités de Guillermo del Toro

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Il est vrai qu’ici on parle surtout de bande dessinée. Mais mais mais. Ca fait un moment que j’ai très envie d’écrire un petit quelque chose sur un réalisateur cher à mon coeur : Guillermo del Toro. Il se trouve qu’il y a quelques semaines, un très beau livre en forme de cabinet de curiosités est sorti chez Huginn & Muninn. Un ouvrage merveilleux où l’oeuvre du cinéaste est passée au peigne fin.

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Pour ceux qui le connaîtraient peu ou pas du tout, Guillermo del Toro est d’abord un réalisateur mexicain. Il navigue dans l’univers fantastique, offrant au public sa vision métaphorique du genre. Pour citer quelques titres, on lui doit les adaptations des comics Hellboy, Blade II, récemment le blockbuster Pacific Rim à mi-chemin entre Godzilla et Transformers. Et derrière ces grosses machines de guerre, Guillermo cache ses vrais trésors, des films plus confidentiels qu’il réalise ou produit : L’Echine du Diable, le Labyrinthe de Pan, Mama, L’Orphelinat ou Don’t be afraid of the Dark. Il écrit également et prépare une série télé.

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Ce qui fascine dans son travail c’est cette aptitude à donner du corps à ces univers surnaturels peuplés de créatures, d’ambiances, de mythologies et de rêves étranges. A travers la minutie que met del Toro dans ses films, on sent l’amour profond et le respect qu’il voue au genre fantastique, trop souvent malmené et transformé en sous-genre pour adolescents ces dernières années. L’ouvrage « Cabinet de curiosités : Mes carnets, collections et autres obsessions » est rempli de décryptages de son oeuvre riche et atypique. Les petits secrets, méthodes de travail et anecdotes de chaque film sont exposés, les carnets personnels de del Toro sont reproduits, ainsi que des extraits de storyboards. Des personnalités parlent aussi de lui, Neil Gaiman ou Tom Cruise, entre autres. On plonge un peu plus profondément dans la tête pleine de merveilles de l’artiste ! L’objet-livre de quelques 300 pages est de toute beauté. Et lorsqu’on le referme, en sachant le plaisir qu’on prendra à le rouvrir fréquemment, on en ressort ébahi et inspiré.

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Le Fantastique est un genre littéraire, graphique et cinématographique éblouissant, mais qu’il faut apprivoiser, maîtriser, pour ne pas le changer en boue insignifiante. Guillermo del Toro est à remercier pour ce qu’il en fait. Il rend hommage de la plus belle façon aux auteurs de la fin du XIXème siècle et ceux qui ont suivi leurs traces. De Arthur Machen à Lovecraft en passant par Allan Poe. Il y a un supplément d’âme chez cet amoureux du bizarre. Une poésie, une petite musique qui lui est propre. Et que j’aime. Passionnément. 

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Django Unchained : le Western ultime de Tarantino adapté !

C’est l’heure de la revue comics du mois !

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Où on parle de Western couillu et déjanté. C’est par là, cliquez cliquez! N’ayez pas peur :

CLIC !

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Manga : Wet Moon de Atsushi Kaneko

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Fan du bizarre, amoureux de l’étrange, toi oui, TOI, qui aimes sentir le frisson t’envahir, la stupeur te prendre à la gorge, la présente chronique s’adresse à toi. Les ambiances pesantes, paranoïaques et autres décrochages de la réalité t’hypnotisent ? J’ai le titre que ton esprit tourmenté réclame. Ca s’appelle Wet Moon, publié par Casterman. C’est écrit et dessiné par l’inquiétant Atsushi Kaneko. Reste accroché à la rampe. On décolle. Objectif Lune.

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Les années 60 au Japon. La course à la conquête spatiale est dans tous les esprits. Mais si aller sur la lune fait rêver internationalement, ça n’arrête pas les criminels dans leur course sordide. Sata est inspecteur de police. Il y a de ça quelques semaines, l’enquête à laquelle il était affecté a mal tourné. Il a été responsable de la fuite de la principale suspecte et a fini avec un éclat de métal logé dans le cerveau et une grosse cicatrice sur le front. Sa mémoire lui joue des tours, la paranoïa ne le lâche pas.

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De retour sur le terrain, rien ne tourne comme il faudrait. Le commandant est décédé, ses collègues le regardent comme un barge et sa tête est remplie d’obsessions. Plein d’une culpabilité étouffante concernant le raté de l’affaire qui l’a mis dans cet état, Sata court les rues pour coller des avis de recherche qu’il passe ses nuits à imprimer lui-même. Mais il se retrouve à sillonner des rues qu’il a déjà visitées sans en avoir le moindre souvenir. La traque tourne à la compulsion. Sa frénésie étouffe toute lucidité. Et ce morceau de métal qui le lance en permanence n’aide pas. Sata le freak descend aux Enfers jour après jour. Et ses chers acolytes flics, plutôt que de l’aider, cherchent à le salir en le traînant à dessein dans des lieux peu recommandables. La folie se cache partout, pas seulement dans la tête de l’inspecteur.

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Le trait chirurgical de Atsushi Kaneko (« Bambi », « Soil »), proche de Charles Burns sur la forme comme sur le fond, donne à Wet Moon son caractère anxiogène. La Quatrième Dimension fusionne avec la sueur froide des films de David Lynch. Rien que ça, excusez du peu. L’aventure malsaine ne fait que commencer et les questions sont partout. A noter que la série sera complète en trois tomes. On nous embarque pas dans un truc interminable, ce qui est plutôt un bon point supplémentaire. Allez zou ! Cours chez ton libraire chercher bonheur. Ce soir c’est pleine lune ! Parfait pour ce genre de lecture.

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