[BD] Petit de Hubert et Gatignol

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Ah ! Des contes ! Des fables ! Qu’elle joie d’ouvrir le dernier né de la collection Métamorphose ! Un bel écrin noir, gris et or qui renferme l’histoire de Petit, rejeton inattendu d’une famille d’ogres. Le récit est sorti de la tête pleine de merveilles de Hubert qui nous avait régalés avec Beauté chez Dupuis. Le dessin vibrant et baroque est de Bertrand Gatignol, remarqué sur Jeanne chez Dargaud.

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L’histoire se passe en des temps reculés, à l’époque des fées, des sorciers et des croyances obscures. Alors rien de plus normal que d’y côtoyer des ogres. Cette lignée d’ogres – terrifiant les humains qui font office de nourriture et de serviteurs – se dégrade naissance après naissance. Leur nombre restreint les a contraint à la consanguinité et plus les générations se suivent, plus elles sont exaspérantes de tares. Un beau jour, en plein banquet, la Reine est prise de maux de ventre. Son appétit de chair fraiche est empêché quand soudain, sans aucun signe annonciateur, elle accouche d’un garçon. Un si petit avorton ! Absolument intolérable pour un fils de Roi ogre ! Tout le monde se rue sur lui pour le dévorer et effacer cette honte pour la famille.

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Mais sa mère, plus rapide, s’empare de lui et le jette dans sa bouche énorme. Elle assure à tout le monde et au Roi, furieux, que tout est arrangé puisqu’elle l’a mangé. Elle fait mine d’aller se changer, puis recrache le minuscule enfant et court le cacher auprès de Desdée, une vieille ogresse enfermée au cachot à cause de son amour des humains. Ce n’est pas chose aisée que de naître entouré de barbares érigés en Dieux lorsqu’on possède une once de raffinement en soi ou qu’on est simplement différent. On ne choisit pas sa famille, ni son sang, ni ses gènes. Le nouveau-né baptisé Petit va l’apprendre année après année, son désir de sortir des quatre murs de sa prison protectrice allant grandissant.

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« Petit » est un vrai bonheur de lecture ! Les séquences dessinées sont entrecoupées de passages écrits. Ils précisent l’histoire des personnages qui ont marqué la généalogie de la lignée, depuis le Fondateur jusqu’au présent du récit. On est en plein récit moyenâgeux, avec ces saynètes qui pourraient être contées par un ménestrel et qui rythment l’évolution de Petit. L’ambiance qui se dégage de l’album est à mi-chemin entre lumière et obscurité. Les ogres sont dans leur majorité sauvages, vils et répugnants, tandis que d’autres protagonistes, Petit en chef de file, inspirent une vraie empathie. Cette fable initiatique est originale et surprenante, dessinée avec brio dans un style enlevé et vivant ! A vos librairies !

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BD : Love in Vain de Mezzo et J.M. Dupont

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La vie quotidienne d’un libraire est faite de tonnes de BD déposées, rangées, classées à la chaîne. Ca pèse. Ca use. Seulement, de temps en temps, on ouvre un carton de nouveautés et tout se fait plus léger. Le livre que vous attendiez avec impatience est là, rutilant, bien emballé. Il n’attend qu’à être lu et savouré. J’ai tout fraîchement reçu et dégusté Love in Vain de Mezzo et J.M. Dupont aux Editions Glénat. Quelle merveille…

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Love in Vain, c’est le titre d’une chanson de Robert Johnson (1911-1938), le bluesman maudit qui ouvrit funestement le Club des 27. Mezzo et Dupont nous proposent ici sa biographie dans un magnifique objet à l’italienne, dos toilé, beau papier épais et noir & blanc sans concession. La légende du blues est un personnage trouble, entouré de mythes. Abandonné par son père, puis plus tard par sa mère, Robert a grandi comme poussent les mauvaises herbes. Sans réel intérêt pour l’école, pas plus pour le labeur dans les champs de coton, il rêve rapidement de jouer de la guitare et de chanter.

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Très tôt marié, Dieu continue de se rire de lui en lui infligeant la mort en couches de sa femme et du bébé. Si Dieu semble tourner le dos à Robert et le mettre incessamment à l’épreuve, il en est un autre qui le convoite. Le Diable rôde dès qu’on évoque le nom de Robert Johnson. Il se dit que le musicien médiocre à ses débuts aurait vendu son âme au Malin pour pouvoir jouer divinement de la guitare. Pacte conclu ou non, il fit des progrès fulgurants, croisant la route des plus grands bluesmen de l’époque et surtout d’innombrables amantes. De son Mississippi natal à Chicago, puis de retour aux sources, Johnson a brûlé ses ailes dans l’alcool, dans cet amour dévorant pour les femmes et la musique.

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A travers cet album, on est assailli de sensations. On sent la poussière, la sueur, la fumée. On goûte les alcools bon marché qui écorchent la gorge et brûlent le ventre. On entend cette musique qui hurle une douleur de vivre bien réelle. Un désespoir inconsolable d’écorché vif. A chaque case, on s’émeut pour cet homme au talent immense et au destin terrible. Terrible et fascinant. Encore un chef d’œuvre graphique de la part de Mezzo, dont le trait était taillé pour le sujet. Que vous soyez un amateur de blues ou non importe peu. Dans le premier cas, vous reconnaîtrez des noms que vous chérissez. Dans le second, prenez des notes et découvrez des artistes sans qui la musique actuelle n’existerait pas. Et je laisse à votre lecture le plaisir de découvrir l’identité du narrateur qui ne se dévoile qu’en toute fin d’ouvrage.

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BD : Fatale de Cabanes, adapté de Manchette

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Ah ! De la littérature adaptée en BD… Quand c’est finement fait comme dans « Fatale » chez Dupuis, tiré de Manchette par Cabanes, Diable ! que c’est bon. Le one shot en question est un bon morceau. Un beau morceau de lecture. On en a incontestablement pour notre argent. Mais qui est cette femme fatale ? C’est là la question clef de l’énigme sulfureuse ici proposée avec une maestria graphique à couper le souffle.

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La femme en BD peut-être autre chose qu’un faire-valoir creux aux formes improbables ! Mais oui ! Réjouissons-nous. Cabanes à travers Manchette nous en offre une illustration glaçante, terrible dans sa beauté et son machiavélisme. Sous le pseudonyme qu’elle s’est choisi, Aimée Joubert débarque à Bléville sous prétexte d’une histoire d’héritage. Quelques jours auparavant et sous une autre identité, elle a laissé dans son sillage des cadavres dans une autre ville de province. Mais les journaux ne relèvent rien d’autre qu’un probable accident de chasse. A peine arrivée dans sa nouvelle ère de jeu, Aimée commence à étoffer son réseau chez les puissants. La jeune veuve aisée, charmante, discrète n’a aucun mal à s’infiltrer dans ces cercles où toujours traînent une ou plusieurs histoires sordides, plus ou moins bien cachées.

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En quelques semaines, la belle manipulatrice observe, note, échafaude, creuse, déterre des secrets. Veuve noire plutôt que mante religieuse, Aimée tisse sa toile et la referme tout doucement autour de l’élite véreuse de Bléville. De Bléville ou d’ailleurs, elle se ressemble partout. Ils se laissent avoir par le jeu et la plastique d’une femme derrière laquelle se cache une intelligence cruelle. Son intérêt à elle d’abord. Les dommages collatéraux ? Peu importe. Des morts ? Et alors. En filigrane, cela dit, le personnage se découvre légèrement, par petites touches. Se dévoilent la folie, la passion, les haines, qu’elle laisse éclater lorsqu’elle est seule ou lorsque ça ne met pas en péril son entreprise. Un grand personnage de littérature campé fabuleusement par un auteur qui a sans doute eu du mal à ne pas s’en éprendre. Ne s’appellerait-elle pas « Aimée » à dessein ?

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« Fatale » est un grand polar. On sent poindre la littérature derrière chaque case. Et c’est un véritable régal. La protagoniste est irrésistiblement attirante et repoussante tout à la fois. Sa profonde noirceur, son âme salie, teinte le récit d’une lueur particulière. Le regard animal qu’elle porte sur ses congénères les transforme en proie. On prend un certain plaisir à la voir évoluer, tant l’empathie pour ses victimes est impossible. Enfin. Pour la plupart de ses victimes…

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Indé : Vacuum de Lukas Jüliger

vacuum headerLe passage de l’adolescence à l’âge adulte est un thème que je trouve si mystérieux et si dense que je ne me lasse pas de lire des auteurs s’y atteler. C’est donc le sujet abordé dans Vacuum de Lukas Jüliger aux Editions Rackham. Avec pudeur et distance. Bizarrerie, aussi.

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Vacuum est écrit à la première personne, de telle façon que le personnage principal, un ado d’environ 16/17 ans, pourrait porter n’importe quel prénom. Le vôtre par exemple. Il nous raconte ce qui sera la dernière semaine avant une apocalypse symbolique. A cet âge riche en changements et évolutions, des événements décisifs et radicaux peuvent advenir en sept jours. Si « Lui » n’a pas de nom, les personnages secondaires en ont bien un. Justement parce qu’il ne sert à rien que vous vous identifiez à eux.

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La semaine commence un lundi, comme c’est la règle. Le jeune homme perd doucement son meilleur ami de toujours, Sho. Non pas qu’il soit mourant. Il est juste resté bloqué en lui-même, un beau jour, sans prévenir. Comme muré à l’intérieur de son corps, Sho s’adonne à une destruction méthodique de son mobilier, jour après jour, en parlant de moins en moins. Tout l’univers du personnage principal bascule alors dans une certaine léthargie, un ennui. Il découvre un vide qu’il n’avait jamais connu. Jusqu’à son arrivée à « elle », qui n’est pas nommée non plus. Parce qu’elle pourrait s’appeler comme vous, aussi. Le couple se forme, à tâtons, lentement. L’été arrive. Les soirées qu’ils passent ensemble sont douces, particulières. Mais il arrive toujours ce moment imprévisible où la jeune femme s’enfuit en courant. Sans raison. Il y a là un secret, une zone d’ombre. Contrarié par ces fuites inopinées, de plus en plus attaché à elle, ensorcelé par son odeur qu’il n’arrive pas à définir, il va chercher à en savoir plus. Les jours avancent, un camarade du bahut vient de se suicider, Sho continue de partir en vrille. L’Apocalypse se rapproche inexorablement.

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Vacuum est un album à l’ambiance colorée délicate et aux dessins gracieux. On s’y balade comme dans un souvenir cotonneux où les sens sont sollicités et où la réalité est relative. L’histoire rappelle les films Donnie Darko ou Elephant qui développent des problématiques similaires et qui apportent un éclairage fascinant sur ce moment de la vie ô combien déterminant. Une très belle découverte.

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Revue BD : Aaarg ! Bande dessinée & Culture à la Masse

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Bon, il faut quand même que je vous parle d’un truc qu’il est vachement bien. Vous aimez la BD, vous êtes amateur d’univers bien trempés, rentre-dedans et avec du poil et des dents (oui, je sais pas, j’avais envie de dire ça) ? Eh bien il vous faut choper la revue Aaarg ! de toute urgence, dont le sous-titre est « Bande dessinée & Culture à la Masse ». Dans ta gueule la masse. BIM !

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Le numéro 3 vient de sortir et si vous tombez sur les tomes 1 et 2, n’hésitez pas à les acheter parce que mon petit doigt me dit que le premier serait déjà en rupture ! Ne laissez pas passer votre chance. Pour détailler un peu, Aaarg ! c’est un épais recueil bimestriel bourré d’histoires courtes, complètes ou à suivre de numéro en numéro, de reportages sur des sujets que vous ne croiserez pas tous les jours, de zooms sur des artistes, un esprit Rock mais pas FM. Je dirai presque Punk mais le rédacteur en chef de la revue va me tailler en pointe si je dis ça. Trop tard je l’ai dit. Si vous me revoyez pas d’ici un moment, envoyez-leur des courriers. Mais pas les flics, je les aime vraiment bien.

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On y trouve une belle brochette d’auteurs, que je ne peux pas tous nommer tant ils sont nombreux à suer sang et bière pour l’amour de l’Art. Je vais quand même en donner quelques uns : Rica, Dav Guedin, Laetitia Coryn, Fabcaro, Sourdrille, Nicolas Poupon, Bouzard, B-Gnet, Mo/CDM, Bernstein, Julien Loïs, Tanxxx ou Terreur Graphique. Entre autres très gros talents.

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Aaarg ! a déjà sa propre tonalité au bout de peu de parutions. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ont frappé fort les zigues. Ca fait rire, ça secoue, ça remet les idées en place. Et puis, il faut dire ce qui est, la maquette est vraiment très belle. Les couvertures sont magnifiques, il y a un chouette poster à l’intérieur… Franchement, rendez-vous service et foncez découvrir cette merveille caustique. Un peu de bonheur, une fois tous les deux mois, faut pas passer à côté. Ca serait trop bête.

Allez les visiter : http://www.aaarg.fr/

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Cinéma : Only Lovers left alive de Jim Jarmusch

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Oui. Oui ! Je délaisse le blog ces derniers temps. Vous savez ce que c’est, parfois, on perd le feu sacré ou il s’étouffe sans réellement s’éteindre. Non pas que je n’ai rien lu de bien. J’ai notamment lu l’ultime volume de Blast de Larcenet et j’ai reçu une fessée en bonne et due forme. Seulement, j’avais déjà écrit sur cette série (lien) et je me voyais mal me torturer pour trouver de nouveaux superlatifs et dire strictement la même chose en définitive. Mais je suis de retour pour vous parler d’un film (oui, j’en viens au fait, ça y est), pour changer. « Only Lovers left alive » de Jim Jarmusch m’a offert tous les ingrédients d’un coup de coeur énorme.

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De nos jours. A Tanger et à Détroit. Deux personnages charismatiques et énigmatiques organisent leur vie. L’homme, Adam, brun ténébreux, vêtu de noir, vit à Détroit dans une des nombreuses maisons abandonnées. Il crée sa musique, seul, reclus et sévèrement gothico-déprimé sur les bords. Son rock sombre est très apprécié des mélomanes éclairés et l’anonymat qu’Adam impose au reste du monde excite ses fans à son grand dam. Il se passerait de cette notoriété auprès des zombies, comme il les appelle. La seule chose qui le pousse à se frotter au monde extérieur, c’est son besoin de sang frais et non contaminé qu’il va dégoter à l’hôpital où un gentil docteur se fait grassement payer pour le service.

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A Tanger, ville en tous points opposée à Détroit la fantomatique, la femme, Eve, solaire, vêtue de blanc, planifie elle aussi son quotidien de nuit. Sa condition comme celle d’Adam lui impose de ne sortir que lorsque le soleil s’est couché. Et si elle aime parler avec son vieil ami Marlowe, plaisanter et jouir de son existence, elle est soumise à ce besoin sanguinaire. Adam et Eve sont mari et femme depuis plusieurs centaines d’années. Amants, époux, âmes soeurs, ce couple originel va se retrouver à nouveau après une longue séparation.

Avec une élégance, un respect du mythe vampirique et un dandysme rock absolument irrésistible, Jim Jarmusch nous gratifie de tout ce qui manquait aux pauvres représentations des vampires à l’écran ces dernières années. J’avoue avoir eu des réserves avant d’entrer en salle : je n’attendais pas ce réalisateur sur ce terrain. Maintenant je peux dire que je suis éblouie par le résultat. Les éléments surnaturels sont là, mais en filigrane. Ils se font connaître avec intelligence, sans tapage, sans vulgarité ou ridicule. La beauté de certains plans est portée par un couple d’acteurs magnifiques : la magnétique Tilda Swinton et le glacial Tom Hiddleston, auxquels s’ajoutent John Hurt et Mia Wasikowska en truculents seconds rôles.

« Only Lovers left alive » est un joli jeu de miroirs, un face à face complémentaire, un yin et yang poétique à l’esthétique ensorcelante. Enfin des vampires du XXIème siècle crédibles, avec le raffinement esthétique, musical et artistique qu’on est en droit d’attendre d’immortels dignes de ce nom.

C’est feutré, classieux, hypnotique. On frise vraiment la perfection.

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[à lire sur Génération Strange] Locke & Key : this is the end

Eh bien oui, Locke & Key, c’est fini. Le tome 6 est sorti en VO ! Pour les French readers, il va falloir attendre le 18 avril. Mais qu’est-ce qu’elle est bien cette fin… Oulala !

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L’ultime chronique : c’est ici !

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